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29 Juin
2016

5000$ de bières et 3 jours de brosse légendaire ou comment dialoguer avec le passé selon FullBlood

Par Jean-Michel Letendre Veilleux // Blog // Étiquettes : , , , ,

Les prestations de FullBlood se terminent sans exception dans le sang (pas du vrai là! juste un peu...) et le chaos (du vrai chaos). Ma rencontre avec Pierre Brouillette Hamelin, bassiste du groupe, elle se passe doucement par un bel après-midi de juin. On jase de musique, du nouveau EP, Les baisers de FullBlood, de poésie, celle de Denis Vanier, mais aussi de la légende d'un pilote d'émission commandé par Télé-Québec au poète...

 

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FullBlood, c’est Alex Dostie d’Caliss à la voix, Pierre à la bass et aux back vocals gras, Francis à la guitare et aux back vocals aigus ainsi qu’un drummer bulgare au drum. Pis ça sort de Trois-Rivière. Ils se considèrent comme les batards du punk garage. Ça équivaut à peu près a 1/3 Black Flag, 1/3 Misfits et 1/3 chainsaw.

Parle moi donc un peu des performances de FullBlood?

C’est cool un show de rock straight intense, mais pour FullBlood, c’est important que le spectacle reste toujours dans un état de danger. Il faut toujours qu’il se passe de quoi sur scène. Mes lunettes que j’ai en ce moment me coûtent environ 10 $ la paire parce que je les pète fréquemment en show. On utilise environ 1 à 2 litres de faux sang par set, mais on ramasse après.

Comment ça se porte dans la scène punk? 

Je te dirais qu’on est clairement pas dans la période où le punk est un moins style au goût du jour. On ne joue que rarement avec d’autres groupes dans le même style. Ça arrive qu’on se ramasse dans des shows de Grind Core où notre set est le plus gentil ahah!  La première idée dernière F.B. c’est d’être trash, on a aucune formation musicale alors le style découle plus de nos influences punk et métal.

C’est quoi vos objectifs par rapport au band?

On aimerait aller le plus loin selon nos moyens/horaires. On veut créer de quoi qui va perdurer jusqu’à temps qu’un de nous crève sur le stage.

Parle-moi un peu du concept derrière le EP Les baisers de FULL BLOOD

Alex (vocal) et moi, on s’occupe du festival OFF de poésie de Trois-Rivière et de Travelling (organisme de diffusions de courts métrages en tous genres). On est tombé sur un poème intitulé Les baisers de Denis Vanier qu’il avait écrit pour les gars d’Offenbach. Il parait que le groupe l’aurait détesté, alors finalement le texte a terminé dans son recueil Koréphilie, Écrits des Forges. La pièce Sado Mania s’inspire aussi d’un texte de Josée Yvon. On trouvait ça cool de reprendre un texte qui a été mis de côté par un groupe mythique et de lui donner une seconde vie.

Sinon c’est pas juste le poème dont vous vous êtes inspirés pour le EP ?

Ouais. La pochette est tirée d’un documentaire de Radio-Québec (aujourd’hui Télé-Québec). Ils auraient donné 10 000 $ à Vanier et Yvon en 1975 pour faire un scénario. Ils ont utilisé la moitié pour engager Charles Binamé et une équipe, l’autre moitié pour acheté 5000 $ de bières. Ils se sont promenés dans Hochelaga en criant: 72 heures de bières gratuites! Ils ont ensuite laissé le cours des choses aller et a filmé le tout. Le but étant de pousser à l’extrême la réalité de l’environnement. La pochette de l’album est une image tirée de ça. Radio-Québec l’a présenté une ou deux fois, mais ils ont tellement reçu de critiques négatives que ça n’a pas fait long feu. C’est possible de le voir aujourd’hui, mais ça demande de la recherche. Ça s’intitule Denis Vanier présente son show de monstres.

Ça été enregistré de ton sous-sol?

Oui, on l’appelle la litière du rock. Sinon, on a mixé ça au Japan Man Studio avec Jean-Luc Daigle et Pascal Pépin. Shampoing a matricé le tout.

 

En terminant, peux-tu nous donner ta vision de l’industrie musicale?

C’est pas de réinventer la roue de dire qu’on est en période de changements. Je pense que l’ancien système est maintenu en vie de manière artificielle. Les nouveaux joueurs jouent fort du coude. Il y a toujours autant de band qu’avant, mais beaucoup plus d’offre. Je trouve ça déplorable que le marketing soit autant privilégié.

 

Je pense que le marketing est un effet collatéral des médias sociaux et de l’augmentation de l’offre.

Ouais, mais dans tout les cas selon moi il reste pas plus de 10 ans avant l’effondrement de ce système. Malgré ça, ce sera toujours un combat entre les musiciens passionnés et les gens qui le font pour le cash.

 

Pour écouter:

 

Les baisers de FullBlood

 

 

 

 

 

 

À propos de l'auteur

Jean-Michel Letendre Veilleux