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04 Oct
2016

Discussion altérée avec Vague Station

Par Simon Provencher // Blog // Étiquettes : , , , ,

J'ai rencontré Vague Station cette semaine, nous avons discuté et j'ai pris peu de notes. D'humeur rêveuse, je vous présente un portrait général et obtus de l'artiste, qui sera sans doute rempli d'ambigüité, ressemblant plus au coma qu'à l'entrevue formelle.

Antoine Provencher, alias Vague Station, est un ami. J’ai décidé de faire une entrevue quand même. Mais je vous avertis, ce sera sans formalité et sans professionnalisme. À quoi ça sert de toute façon ?

Je lui dis de se mettre à l’aise.

On s’installe au 3e étage du Pantoum, dans un des divans rouges qui sont, finalement, très peu confortables. Il n’y reste pas longtemps, on discute et il fait les cent pas. Je reste assis et on parle de lecture. Il lit Emil Cioran ces temps-ci. Kundera aussi, mais sans être impressionné par La vie est ailleurs. Nuançons, Antoine me confie qu’il est sur les antidouleurs, remède au mal-de-dents-de-sagesse. Il lit quelques passages, vit une épiphanie, les relit à jeun et est un peu déçu.

Je prends un peu de sérieux, je le questionne sur son processus de création. Le projet Vague Station a commencé instrumental, mais, force de messages à dire, la bulle de son s’est dirigée, transformée. L’auteur s’est résigné à transmettre un vocabulaire plus formel et s’est prêté au jeu de l’éloquence des auteurs-compositeurs. À l’écoute, on voit pourtant bien que l’instrumental originel règne souvent, que l’approche traditionnelle s’estompe dans un méandre de chansons et d’explorations charnelles.

Plan Initial by Vague Station

En fait non, j’ai menti. Pas si charnelles que ça. Pour quelqu’un qui veut peut-être être quelque chose pour quelqu’un d’autre, Antoine ne vit pas beaucoup sa sexualité dans sa musique. Je lui ai demandé! Et malgré les références génitales dans ses chansons (au moins 8, selon mes sources), il ne voudrait pas faire de spectacle nu. Du moins pas avec Vague Station. (je garde espoir pour ses autres projets, La Fête et Hoboïï). En plus c’est gênant, l’oxycodone lui fait perdre ses cheveux. Difficile de séduire avec la calvitie. Mais il n’a pas peur, son grand-père, Paul-Émile, a une chevelure riche.

On continue à parler.

Les bases du projet se sont décidées dans la maison d’enfance à Saint-Norbert, rachetée par la famille il y a quelques années. Antoine y a passé du temps perdu à composer, à écrire, à explorer les synthétiseurs et l’échantillonnage et à parler de la mort avec son grand-père. La courte exploration /\/\/\/ y a été écrite.

/\/\/\/ by Vague Station

Plan Initial, le nouvel opus, s’est lui dessiné dans un local sur Arago, où l’artiste a vécu pour l’été. Mélangeant vie, art et travail constamment, et s’exposant à vif aux humeurs d’un été sans douche, il en découle une poésie complexe, intime et personnelle. Complètement autoproduit, lancé sur le nouveau médium qu’est Bandcamp, l’album affirme le règne de la subjectivité et de la temporalité unique d’un moment vécu.

On parle finalement de l’internet, évidemment (n.d.l.r.: je parle toujours d’internet, j’ai un grave problème). L’insoutenable légèreté de lancer un album dans les nuages, gratuitement, librement, sur l’oxycodone en plus. L’autoproduction amenant avec elle à la fois un contrôle total du projet, mais aussi une libération de la crainte de la rentabilité. Antoine ajoute qu’il n’aurait jamais osé faire payer pour certaines des pièces, critiquant leur finition ou leur qualité d’enregistrement, mais, dans un tout cohérent et libre, elles ajoutent définitivement à l’émotion, passagère. En plus, on sait que les gens qui paient le font par plaisir ou par amour.

Il y a des cassettes aussi, mais ça c’est juste pour faire de l’argent.

Vacillant entre textures électroacoustiques et rêveries absentes d’auteurs-compositeurs, Plan Initial est disponible sur Bandcamp.

Si vous voulez une cassette, vous pouvez lui écrire.

 

Il a deux autres projets, Hoboïï et La Fête

La Fête est en petite pause, mais Hoboïï sera en spectacle :
19 octobre au Sous-Sol du Cercle avec Flist, Rakam et Pandacide
3 novembre au Scanner avec dunk et Basic Lives

 

À propos de l'auteur

Simon Provencher