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08 Fév
2016

Entrevue avec Gabriel Mercier-Blouin de Funk Connection

Par Simon Provencher // Blog

Attendez, arrêtez tout. Allez donc mettre ça comme musique en me lisant. Ça va être plus agréable pour tout le monde. J’ai avec moi ce soir, non.. j’ai eu avec moi jeudi dernier, devant une petite bière, Gabriel Mercier-Blouin AKA Don Dazzle, Bad’Nuff, du collectif Funk Connection.

On a parlé, on a ri, il y a eu peu de moments de malaise, contrairement à mon habitude. Ses collègues Louis AKA Helpless Louis et Renaud Armstrong brillaient par leur absence, mais Gabriel les a représenté de son mieux.

Mais il m’a surtout dit de vous dire des affaires. Voici les affaires en question, que j’essaie de le paraphraser d’une manière décente!

 

Initions nos amis : c’est quoi Funk Connection? Une petite définition d’abord et si après tu en as envie, j’aimerais bien savoir ce qui vous motive.

Au départ c’est une émission de radio à CHYZ 94.3. Notre concept c’est qu’on décortiquait une pièce de hip hop en ses samples. On prenait une track, on trouvait les samples et on faisait jouer les chansons originales. Pendant ce temps là, j’ai commencé à être plus DJ, à faire des mix. J’en ai inclus dans l’émission, et Renaud m’a suivi là dedans. Louis s’est joint à nous par la suite! CHYZ, ça a commencé en 2010 et en 2013, on a un peu accepté que le concept avait changé! Le nom est resté le même mais c’est vraiment devenu seulement des mix et des DJ sets. On a commencé les soirées il y a environ deux ans.

 

Je suis allé vous écouter un peu, histoire de savoir de quoi je parle. Funk est utilisé largement non?

On s’appelle funk connection, mais ça a dérapé pas mal! Ça a commencé avec le funk mais on a migré vers tout ce qui se mix bien. C’est un fourre tout. House, disco, techno parfois. Toujours un groove avec des racines funk mais à la sauce actuelle. Parfois le funk ose plus, est plus jazzy, mais nous on pense toujours au mix alors si ça sort du 4/4 ou si c’est trop expérimental on se retient! Nous on aime ça, mais on se retient! Avant on mettait un morceau après l’autre en parlant, en animant, comme une émission de radio normale. Maintenant on fait vraiment des sets.

 

Vous faites une soirée Disco Jungle le 26 Février? C’est quoi ce beau concept là?

On voulait depuis longtemps avoir l’occasion de faire danser le monde et on cherchait une bonne salle pour faire le party. On a eu le Cercle qui a osé nous donner une chance; on a fait un genre de partenariat avec eux. Au départ, on avait pas vraiment d’idée précise de ce que ça serait! On s’est dit qu’on allait inviter des amis à venir mixer avec nous et ça a évolué dans cette direction là. C’est même un peu devenu une soirée d’artistes canadiens, on a eu des canadiens qui venaient de loin, même des DJs de Berlin, mais ils ont toujours été canadiens à date! On a profité de nos connexions ici, notamment à Montréal. Il y a un bar qu’on adore, le Bleury, ça fait deux ans qu’on les connait, c’est pas mal notre endroit favori à Montréal. On a comme des petites ententes avec eux, on se partage les artistes pour pouvoir se séparer le prix du billet d’avion!

 

Les invités sont libres comme l’air?

Carte blanche! Mais en venant, ils savent que c’est sait que c’est Disco Jungle, ils connaissent le thème, ils connaissent l’univers qu’on essaie de faire mais on ne les limite pas. Une partie de l’art d’être DJ c’est la sélection, alors on ne peut pas leur imposer un créneau. Moi, par exemple, je me considère plus comme un sélecteur qu’un DJ, c’est une force et une béquille parce que je ne mixe pas toujours à la perfection, mais quand je mix j’ai la fierté de faire jouer des pièces plus inconnues, plus dark, plus underground! Pour les invités, le seul créneau qui existe c’est qu’on choisit des DJs qu’on connaît, on sait que ça va coller!

 

J’ai vraiment manqué ça 19 fois? C’était quoi tes plus beaux moments là dedans?

J’ai adoré DANE, un DJ d’Edmonton! Eddie C aussi, pas mal à égalité! C’est difficile choisir! Je vais dire quelques autres noms encore: Vincent Lemieux, un Montréalais, nos bons amis du Bleury, Rue Palm, Seb Fauteux, Francis Oak. Notre première soirée reste mémorable, c’était avec Lick N’ Chips, c’est même eux qui ont trouvé le nom Disco Jungle. On leur a volé! Avec leur accord évidemment!

 

Je suis jamais allé à un Disco Jungle, je pense que j’ai le goût mais je suis pas sur. La vie est longue, difficile, ma peau est vieille. Qu’est-ce que je fais?

Je pense qu’une partie de notre attrait c’est qu’on offre une soirée unique à Québec. Quand on a commencé, on était vraiment les seuls à faire ça. C’est encore pas mal le cas, même si ça se répand un peu plus qu’avant! On vise un public de gens qui ne sont pas nécessairement initiés mais qui savent reconnaitre la qualité, qui savent écouter, qui ont un intérêt pour la musique. On vise les « heads », les passionnés, les gens comme nous en fait!

En même temps, comme je disais tantôt, on vise l’accessibilité aussi! Tout le monde est invité et on a eu souvent des gens non-initiés qui venaient et qui avaient du fun! Tant qu’ils demandent pas de demandes spéciales! En fait c’est arrivé très rarement que la demande soit en plein dans les cordes de ce qu’on voulait faire jouer! Alors là ça nous faisait plaisir! Mais sans blague et en règle générale, on veut se garder le plaisir de la sélection!

 

C’est pour le blogue du Pantoum, il faut bien que je vous parle de notre beau Québec un peu. Il se passe quoi d’excitant dans vos avenues musicales ici?

Il y a rien à Québec qui soit vraiment dans nos cordes. On adore le Pantoum mais c’est pas la même ambition du tout! Il faut dire, vous avez un très beau crowd mais c’est pas notre créneau! Il y a des partys dans des lofts à Montréal. En fait, il y a beaucoup de bon son à Montréal mais beaucoup de compétition aussi. Il y a les soirées Morning Fever, Never Apart, c’est vraiment plus underground mais ça va chercher un peu les mêmes gens que nous. On est pas aussi hot qu’eux, vraiment pas! On aimerait ça pouvoir s’investir autant, mais c’est beaucoup de travail et avec les emplois, le sérieux et les études, on peut pas vraiment le faire.

À Québec, on voit le petit son funky, des gens comme Jean-Michel (Beat Sexü, Les Fleurs) ou Dragos Chiriac (Men I Trust) ont beaucoup d’influence en commun avec nous et ils amènent un bon son funky dans leurs bands. Dans notre univers le concept de band existe pas vraiment. J’adore les hybrides, la musique qui sort sur DFA en est un bon exemple, mais c’est pas ce qui passe dans nos soirées non plus!

 

La meilleure façon de vous entendre en dehors des soirées?

On met nos meilleures émissions sur MixCloud, pas de temps morts, juste les mixs. On en a déjà une centaine en ligne. Il y a les mercredis soirs à CHYZ mais il y a souvent des diffusions des matchs des Remparts… On a un Soundcloud aussi, on va probablement commencer à le remplir un peu plus!

 

Des projets particuliers à venir?

On a Akufen, un assez gros nom de Montréal qui roule depuis le début 2000. Il fait du microsampling, prendre des touts petits extraits pour faire des textures. C’est beaucoup plus techno que ce qu’on a d’habitude, mais il sait faire un peu de tout, on a espoir! En plus ça va être un live set, ça donne envie! On devrait avoir Patrick Mocan, l’organisateur des Morning Fever bientôt aussi!

 

Un smash hit à me conseiller avant de partir? 

Escape From New York – Save Our Love !
Après ça on a jasé un peu, d’inspiration, de passion, de reissues par Numero Group, de ses 5000 vinyles, de Moby live à la Baie de Beauport avec Bran Van 3000, de l’évolution du disco, d’échasses aux pieds, etc. Je vous épargne les détails.

Disco Jungle ça se passe le 26 février.

Allez y donc!

<3

À propos de l'auteur

Simon Provencher