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07 Mar
2017

Ce que les musiciens indépendants peuvent apprendre de l’échec commercial de Planète Poutine

Par Simon Provencher // Blog

Parce que personne ne tripe sur une frite trop mouillée; ne goûtons pas le pain blanc trempé dans l'eau froide.

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Bon d’abord, loin de moi l’idée d’amplifier la confluence déjà trop présente entre la musique et entrepreneuriat.

Et à part ça, mon parallèle perdrait en efficacité si j’essayais de comparer la franchisation et les allégations de fraude à notre univers musical local.

Même si l’on rejette cette association capitaliste, une réflexion universelle reste.
On peut pas offrir un matériel (je refuse catégoriquement d’utiliser le terme « produit » pour parler de culture) fade, réchauffé, avec une sauce dégoûtante à un public qui ne s’y attend pas. Imaginez, vous entrez dans une salle de spectacle, la déco est jolie et orange et là BAM! le spectacle est terrible..

On s’entend que les musicien.nes sur scène font de leur mieux, qu’ils y mettent du cœur. Probablement que les cuisinier.ères des restaurants minables aussi.

Le problème c’est la recette.

D’accord, on veut faire des belles choses et pas de l’argent. Encore faut-il que les choses soient réellement belles. Parce qu’une poutine détrempée, même gratuite, est peu appétissante.

"soggy poutine" dans google

« soggy poutine » dans google.

Ne soyons pas un restaurant de poutines mal réchauffées.

Ne soyons pas réchauffés du tout.
Déjà qu’une poutine c’est pas vraiment le meilleur mets (non je ne m’excuserai pas auprès de la « Poutine Week »).
Mais bon c’est ce qu’on a en tant que Canadiens français.
On peut au moins essayer de la réussir.
C’est pas un marketing slick orange-laid et des assiettes flyées qui rendent ton contenu intéressant.
C’est pas de reprendre une recette des années 90 et d’y enlever toute forme de risque et de saveur qui va faire avancer notre dialogue culturel.
C’est pas d‘humidifier ses guitares avec plein de reverb qui va nous rendre moins dégoulinants de kitsch.
Et, disons le, être le _________ du Québec, c’est pas la chose la plus inspirante non plus.

Mais on peut faire quelque chose.

Ayons une bonne sauce.
Gardons nos « beats » croustillants.
Pourquoi pas des petits pois, si telle est notre envie. <3

Je parlerai pas trop du fait que les poutines chez Planète étaient à 12$ (merci Charles Lavallée pour l’info) parce qu’au fond de moi je comprends peu qu’on soit prêts en tant qu’individus, à payer 12$ pour une bonne poutine, mais pas pour un bon spectacle, qui prend beaucoup plus d’énergie à préparer et qui a beaucoup plus d’impact social et culturel.

Reste que payer 12$ pour un album/spectacle sans saveur c’est pas trop agréable.
Et que de ne payer que 12$ pour le meilleur album/spectacle de sa vie, c’est très peu pour l’impact émotionnel que ça peut donner.
C’est mon manifeste de la journée.
Attendez avec impatience mon article de la semaine prochaine:
« Analyse anthropologique des participants aux groupes d’échange d’équipement de musique sur facebook »

À propos de l'auteur

Simon Provencher